dimanche 19 avril 2015

UNE LEÇON DE CINÉMA DONNÉE AU CINÉMA


ROLAND SABATIER RÉPOND AUX QUESTIONS D'ANNE-CATHERINE CARON 
UNE LEÇON DE CINÉMA DONNEE AU CINEMA

ACC. – Une rétrospective des œuvres cinématographiques d’Isidore Isou, échelonnée de 1951 à 1999, c’est rare. Dans quelles circonstances a-t-elle pu être présentée à Blois plutôt que dans un grand musée parisien?
RS. – C’est certainement une première et son ancrage à Blois ne s’explique que par la personnalité d’Alain Goulesque, le directeur de la Fondation du doute et de l’école d’art qui lui est attachée. Il lutte, avec de faibles moyens d’ailleurs, pour réactualiser un certain nombre de personnalités ou groupes de l’avant-garde artistique. C’est avec raison que déjà depuis plusieurs années, il considère, Isou et le Lettrisme comme essentiels. Aujourd’hui, sans lui, cette manifestation n’aurait pu voir le jour.

ACC. – S’agit-il d’un désintérêt pour le Lettrisme de la part des autres responsables, notamment de la plupart des grandes structures institutionnelles ?
RS. – Peut-être, je ne sais pas… sans doute s’agit-il tout simplement d’ignorance pour les uns, et probablement de paresse pour les autres.

ACC. – Ce sont sans doute les mêmes raisons qui ont rendu possible la présentation de tes « Œuvres de pédagogie esthétique », l’année dernière, dans le cadre de cette même Fondation.
RS. – Oui, c’est bien grâce à la détermination d’Alain Goulesque que cette exposition a pu exister. À part le Garage Cosmos d’Éric Fabre, à Bruxelles, il n’était pas alors possible de la présenter ailleurs.

ACC. -  Dans le cadre de la Fondation de Blois, mais sans rapport avec elle, les films d’Isou sont présentés dans une scénographie muséale, spectaculaire et colossale, uniformément noire, permettant leur projection ou leur présentation simultanée. Comme commissaire de cette manifestation, comment as-tu retenu ce dispositif ?
RS. – J’étais dans la salle et en observant le lieu, j’ai tout de suite compris ce que l’on pouvait faire et ce qu’il ne fallait pas faire. Le problème consistait à faire se côtoyer huit films de dates et de caractères formels différents, voire opposés, dans un espace vitré, c’est-à-dire très largement ouvert sur l’extérieur, de 250 m2. En raison du son de certains films, de dispositifs visuels et interactifs d’autres, la division de cette surface s’imposait. Chaque œuvre devait être enfermée dans son autonomie de manière à pouvoir être appréhendée isolément. Un couloir circulaire ceinture l’ensemble et, par des portes distinctes, donne accès à chacune des salles.

ACC. – Sur quels critères ces huit films ont-ils été sélectionnés ?
RS. – La sélection a été réalisée par Éric Fabre et moi-même. Le caractère rétrospectif exigeait un échelonnement sur un certain nombre d’années et, parmi tous les films réalisés par Isou, nous avons sélectionné ceux qui nous sont apparus comme les plus représentatifs de ses apports dans la cinématographie : le cinéma discrépant et ciselant avec Traité de bave et d’éternité, de 1951 et Son nom est nuance, de 1992, avec son écran à mécaniques végétales ; le cinéma hypergraphique fondé sur les poly-signes de la communication avec Amos ou Introduction à la métagraphologie, de 1953, présenté en exposition ; le cinéma infinitésimal avec Questions et réponses, de 1967, qui offre la possibilité de distribuer des cadeaux aux spectateurs les plus méritants ; le cinéma supertemporel représenté par trois films de 1960 et 1965, tous ouverts à la participation active et totale du public et dont le plus récent introduit diverses formes de provocation dans l’art filmique; et le cinéma anti-supertemporel avec Fleur de browning, de 1999, qui, à partir d’un long monologue de l’auteur, invite le public à renoncer à toute intervention dans l’œuvre.

ACC.- La scénographie distingue nettement ces formes de cinéma et attribue à chaque salle le sens d’un manifeste. Mais, de tous les films présentés, « Son nom est nuance » est le plus énigmatique, notamment par sa simplicité, il projette les images des créateurs du groupe lettriste sur des écrans remplis de fruits et de légumes. Quel sens peut-on lui attribuer ?
RS. - Avec ce film, Isou veut démontrer deux réalités. D’abord, celle que le titre suggère, à savoir que ses disciples ne sont que des nuances dans l’immensité de ses apports, comme cela a toujours été dans l’histoire de la création : Cézanne par rapport à Monet, Dali par rapport à Breton, Picabia par rapport à Tzara, etc. Mais l’affirmation de cette hiérarchie ne signifie nullement que ces premiers disciples sont insignifiants, car, comme leurs grands prédécesseurs, les nuances qu’ils apportent sont créatrices et nécessaires pour traduire la grandeur du territoire à l’intérieur duquel ils s’expriment.
Ensuite, demeure le problème de l’écran. En le recouvrant de fruits et de légumes, il veut faire la démonstration que l’écran lui-même participe, au-delà des formes cinématographiques, au rôle marginal et secondaire d’outillages et de supports de cet art. C’est à l’intérieur de cet ordre-là que se situe l’intérêt de cette œuvre qui est une manière de leçon d’orthodoxie donnée par l’auteur à certains membres anciens de son groupe qui avaient surdéterminé, dans leurs films, la portée de différentes mécaniques au point de croire, par le soutien de définitions hasardeuses, qu’ils avaient bouleversé le cinéma. Ce film avait précédemment été présenté en 1992 au Cinéma L’Entrepôt de Paris et, faute de ne pas avoir pu disposer des images d’origine, nous en avons donné dans cette rétrospective de Blois une reconstitution fidèle.

ACC. - Existe-t-il des rapports entre ces différentes formes de cinéma lettriste et ce que l’on nomme communément aujourd’hui le « cinéma expérimental » ?
RS. – L’idée même d’un cinéma « expérimental «  me gêne. On n’a jamais dit que Matisse, Mondrian ou Max Ernst pratiquaient une peinture expérimentale alors qu’ils s’imposent comme de grands novateurs dans les écoles formelles précises du Fauvisme, de l’Abstrait et du Dada-surréalisme. Le cinéma, comme toutes les expressions esthétiques, est soit créateur, lorsqu’il invente des formes inédites dans le son, l’image ou le montage, soit productif ou réactionnaire lorsqu’il répète le passé et, dans ce cas, il sert le documentaire des autres disciplines ou s’impose, au même titre la chansonnette, comme un simple divertissement pour le public. À mon sens il n’existe pas d’autres formes de cinéma.
L’« expérimental » n’est pas une qualification formelle, ce n’est même pas une vérification, ce sont juste des tests, des essais empiriques, détachés de l’authentique histoire du cinéma et réalisés un jour par hasard, regroupés à l’origine dans une nébuleuse aux contours non définis créée de toute pièce et propagée depuis 1962 aux États-Unis et en Europe à la demande d’universitaires par Jonas Mekas, à partir de sa structure de distribution parallèle de films, la Film-Makers’Cooperative, pour exalter pêle-mêle des films de famille, des arrangements post dadaïstes, surréalistes et lettristes ou des tripatouillages technologiques appliqués à la photographie et à son écoulement temporel. D’ailleurs, je crois savoir que cette dénomination est elle-même discutée par certains de ses protagonistes.
On peut appeler ça comme on le veut, mais il me semble que le cinéma d’aujourd’hui devrait avant tout être défini et perçu comme ressortissant des structures ciselantes et discrépantes, hypergraphiques ou infinitésimales dont il explore les séquences hermétiques et polythanasiques, en s’appuyant sur la méca-esthétique intégrale et le cadre supertemporel. Cette réponse me conduit à affirmer que si, demain, cet art doit survivre, il ne survivra, à mon sens, qu’à dépendre de ces formes fondamentales et de leurs explorations passées et présentes.
Dans cette optique, cette rétrospective d’Isidore Isou est une leçon de cinéma donnée au cinéma.

(Entretien réalisé  par Anne-Catherine Caron, à Blois, le 16 avril 2015)


Légende de la photo : projection du film Son nom est nuance. Reconstitution 2015 dans le cadre l'exposition Isidore Isou / Oeuvres de cinéma (1951 - 1999)

dimanche 5 avril 2015

ISIDORE ISOU A BLOIS






















FONDATION DU DOUTE
6 rue Franciade 51000 BLOIS
33 (0) 2 54 55 37 40
11-04-2015 / 15-06-2015
Le pavillon d’exposition de la Fondation du doute se transforme en 7 salles de “Cinéma”, une sorte de complexe cinématographique, salles noires pour de véritables diffusions ou salles avec textes et accessoires pour films supertemporels à réaliser par les spectateurs eux-mêmes...

Les films présentés sont :
- Traité de bave et d’éternité, 1951

Film discrépant et ciselant réalisé entre 1950 et 1951 en 35 mm, n&b, sonore, 120min ; Œuvre manifeste avec Jean Cocteau, Daniel Gélin, Jean- Louis Barrault, Marcel Achard, Blaise Cendrars... Présenté à Cannes, il reçoit le prix des spectateurs d’avant-garde.
- Amos ou introduction à la métagraphologie, 1953.
Ed. Arcanes. 

La diffusion d’un film sous l’aspect d’un livre, 9 photographies rehaussées à la gouache de signes, constituent la bande image du film alors que le texte qui les accompagne, constitue la bande son ; la naissance du film hypergraphique, les définitions d’une multi écriture lettriste.
- Le film supertemporel ou la salle des idiots, 1960 et Débats sur le cinéma, 1960.

Deux films supertemporels avec le son et les images entièrement réalisés par les spectateurs dans la salle.
- L’auberge espagnole, 1965.

Film supertemporel « à provocation simple, simple inversée, double et polyvalente » avec la participation du public.
- Questions/réponses1967.

Film supertemporel avec dispositif scénique, une suite de questions réponses constitue le film dont l’auteur est amené à offrir des récompenses au plus méritant des participants.
- Son nom est nuance, 1992
.
Film ciselant et discrépant, projeté sur des écrans composés de panneaux de bois sur lesquels sont fixés différentes mécaniques végétales.
- Fleur de browning, 1999.

Film anti-supertemporel, film vidéo, sonore, 56 min. Conçu par Roland Sabatier avec l’approbation d’Isidore Isou. La bande image vient en discrépance avec le son exposant la chronologie de témoignage visuel concernant Isidore Isou et ses créations.

Commissaire de l’exposition : Roland Sabatier
Inauguration : le 11 avril à 16 h.
Programme autour de l'exposition. Le 15 avril à 18 h : Rhétorique du cinéma / le cinéma d'Isidore Isou, une conférence d'Erik Bullot, historien du cinéma et enseignant à l'Ecole nationale supérieure d'art de Bourges.

vendredi 13 février 2015

DU ROMAN (ENTRE) LES LIGNES D'ANNE-CATHERINE CARON

ANNE-CATHERINE CARON
DU ROMAN (ENTRE) LES LIGNES
Publications Psi, 2014. Format 15,5 x 21 cm, 52 pages (en feuilles), sous couverture rempliée.
Edition originale à 25 exemplaires dont les dix premiers, signés et numérotés de 1 à 10, sont enrichis d'un "insert narratif" photographique ciselé et rehaussé par l'auteur, différent dans chaque volume, en corrélation volontaire directe et indirecte avec ce roman conçu entre 2010 et 2014 et comportant des citations antérieures. 
Distribution Librairie Lecointre Drouet
9, Rue de Tournon - 75006 Paris  - Tél.: 00 33 (0) 1 43 26 02 92 - Fax. 00 33 (0) 1 46 33 11 40 - email: info@lecointredrouet.com
Dès son arrivée dans le Lettrisme en 1972, l’art de la prose sera le terrain de prédilection d’Anne-Catherine Caron. Son œuvre s’édifiera tout d’abord sur de simples feuillets épars, puis sur des tableaux au sein desquels figurait systématiquement la mention de roman. Leur trait commun consiste à réduire la totalité des signes de la communication à l’unité exclusive du carré, inlassablement répété et parfois entrecoupé des lettres A et Z. C’est toutefois en 1976/77 que l’auteure rassemblera les fondements constitutifs de cette approche romanesque avec Roman à Équarrir, paru en 1978 aux Editions Anakota, un « roman barbare » qui campe une vision hermétisée et épurée des possibilités des multi-écritures. L’on peut y discerner une expression qui cherche constamment l’objet et le sujet de son écriture, et, tout en s’interrogeant sur les formes possibles de la fiction, s’essaie de manière presque obsessionnelle à définir et à cerner toutes les configurations possibles de son élément principal. Mais dans une stratification supplémentaire de sa démarche, l’écrivain introduit un jeu ludique l’incitant à agir sur la progression narrative, voire sur la composition traditionnelle, en désorganisant la mise en page, en brisant l’ordre des chapitres, notamment par une table des matières incongrue, discrépante et détachée de son contenu intrinsèque, pour constituer de nouveaux récits infinis qui nourriront la plupart de ses œuvres suivantes : de Tu minaudes alors qu’il faut changer le monde ou le Roman mural (1992 -2002), jusqu’à Romanzo di una lettrista (2006), en passant par ses Romans excoordistes en bandes roulées ou ses Romans en pile, De la Carritude en Lettrisme ou, encore, Alice à la racine carrée du Lettrisme (2000-2010). Elle participe aux principales expositions du groupe lettriste, notamment à La Vérité lettriste, Après la fin de l’art (Musée d’art moderne de Saint-Etienne), Lettrisme : Vue d’ensemble sur quelques dépassements précis, Villa Tamaris (2010), Pensiez-vous (vraiment) voir une exposition, Passage de Retz, Paris (2012). Commissaire d’expositions, elle cosigne plusieurs manifestations avec Roland Sabatier et organise la seconde édition de Le Lettrisme au-delà de la féminitude à la Villa Cernigliaro où elle esquisse la première histoire des femmes à l’intérieur de ce mouvement d’avant-garde, Murmure de femmes autour du Lettrisme.




vendredi 10 octobre 2014

ROLAND SABATIER AU PALAIS DES BEAUX-ARTS DE BRUXELLES



Communiqué de presse
ROLAND SABATIER (1942) est un artiste français, membre du groupe lettriste depuis 1963. Actif dans les domaines de la peinture, du roman, de la photographie, de la poésie, de la musique et du théâtre, c’est dans le champ du cinéma qu’il s’est illustré avec la plus grande singularité. Placée sous le signe de la destruction du cinéma annoncée dès 1951 par Isidore Isou (fondateur du lettrisme), son œuvre filmique s’évertue par diverses stratégies à supprimer ou à nier les caractéristiques mêmes du médium. Affranchies des moyens techniques du cinéma pour explorer les limites au-delà desquelles un film ne ressemble plus à un film, dès les années 1960 ses œuvres ne sont souvent plus que des conduites, des partitions destinées à être mises en œuvre (ou non), ou des « films à exposer » offrant des similitudes troublantes avec les propositions formulées à la même période par des artistes tels que Marcel Broodthaers et Tony Conrad.

PROGRAMME :
ÉVOLUONS (ENCORE UN PEU) DANS LE CINÉMA ET LA CRÉATION. 1972
Film hypergraphique, 16 m/m, sonore, 24’.
Des images, déterminées ou non, mais banales — non ciselées – d’une quelconque bande visuelle pouvaient trouver dans l’énoncé verbal des détails de ce matériel une manière originale d’être surchargées, complétées ou modifiées, par des significations à la fois nouvelles et multiples.
Les reproductions sonores et visuelles, redéfinies dans le cinéma hypergraphique comme lettres, mots ou phrases, quittent, ici, leur traduction immédiate, habituelle, pour se retrouver dans le sonore où elles s’offrent pareillement, les unes à la suite des autres, comme une relation de ce qu’elles sont, de ce qui les différencie. Dans ce film hypergraphique, la manière de ne plus montrer les éléments constitutifs importe plus que les éléments eux-mêmes. Ici, ce que l’auteur n’a pas accompli, c’est le spectateur qui doit l’entreprendre. Pris entre un son qui articule des lettres et une photographie qui semble se suffire d’être ce qu’elle est, le cinéphile doit mentalement assurer les transpositions visuelles et auditives nécessaires qui engendreront la valorisation, c’est-à-dire le sauvetage, de l’image.
ESQUISSES. 1978
Film polythanasique, vidéo, sans image, sonore, 31’30’’.
Cet accomplissement polythanasé ou multi-détruit est constitué par l’énonciation de cent huit formules linguistiques construites avec « Savoir », « Devoir », « Pouvoir » et « Vouloir », dont les significations spécifiques d’interdiction, de probabilité, d’impossibilité ou d’obligation agissent vis-à-vis du projet formel comme des motivations anéantissantes, situées dans l’ambiance, qui interdiront définitivement la réalisation du film. Ce dernier étant dès lors remplacé par les expressions verbales qui l’empêchent d’exister.
RESPIREZ. 1968
Film infinitésimal en exposition sur socle (anglais, français, néerlandais), durée variable.
Distribué dans la salle ou présenté comme une sculpture sur un socle, ce film consiste en la mise à disposition des visiteurs de papiers sur lesquels s’inscrivent les mots : «Respirez. Le film est votre respiration».
RAPPORT SUR LE CINÉMA. 1983 - 1984
Film infinitésimal, imprimé déposé sur les sièges des spectateurs, durée variable.
Ce film est constitué d’une description technique transcrite sur une fiche destinée à être déposée, avant l’arrivée des spectateurs, sur chacun des sièges de la salle de cinéma.
Dans le cadre d’une exposition, ces mêmes fiches seront déposées sur les sièges de quelques chaises ou fauteuils alignés en une ou plusieurs rangées face à un écran mural destiné à demeurer vide. Texte : « Le cinéma a été et ne peut plus rien vous montrer de neuf. Il n’y a plus rien à voir ni à entendre, vous êtes invité à rentrer chez vous et à imaginer un film ! »

COMMENTAIRES & DÉBATS EN PRÉSENCE DU CINÉASTE SUR LES PREUVES 1966 / LE FILM (N’) EST (PLUS QU’) UN SOUVENIR. 1975 / PENSIEZ-VOUS (VRAIMENT) VOIR UN FILM ? 1973 / CONTRE LES CHARLATANS DU CINÉMA. 1969 / REGARDE MA PAROLE QUI PARLE LE (DU) CINÉMA 1982.

Séance réalisée à l’initiative de Carine Bienfait et Xavier Garcia Bardon

PALAIS DES BEAUX-ARTS / BRUXELLES
Mercredi 22 octobre 2014 à 20h
SALLE TERARKEN / Rue Ravenstein / BRUXELLES
Coproduction : Jeunesse & Arts Plastiques (asbl) / BOZAR CINEMA / Garage Cosmos

Le vendredi 24 octobre à partir de 18 h, inauguration du film infinitésimal et supertemporel en exposition, De la loi de la jungle à la loi des créateurs (1975) au Garage Cosmos, Avenue des Sept Bonniers, 43, 1180 Bruxelles / www.garagecosmos.be